À l’atelier, rien ne se répète.
Chaque objet que je transforme passe par le même processus.
Mais le résultat, lui, ne revient jamais.
Tout commence par un objet brut.
Je le prépare, je nettoie la surface, je le rends prêt à recevoir ce qui va suivre.
Ensuite, il y a l’eau.
À la surface, je dépose un film.
Un motif, une matière, quelque chose qui n’est encore qu’une image.
Puis vient le moment clé :
le trempage.
Je plonge l’objet lentement.
Le motif se déforme, s’étire, s’accroche.
C’est là que tout se joue.
Le mouvement de l’eau, l’angle, la vitesse…
chaque détail influence le résultat.
Mais rien n’est parfaitement maîtrisable.
Deux gestes identiques ne donnent jamais le même rendu.
Deux trempages ne réagissent jamais de la même manière.
C’est une rencontre entre le geste et l’instant.
Je peux guider.
Je peux anticiper.
Mais je ne peux pas reproduire.
C’est pour ça que chaque pièce est unique.
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